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mardi 10 décembre 2013

Aimer ses histoires - Correction de la Corporation du Dragon

Il y a des fois, c'est juste trop bien écrit. Il y a des fois, c'est comme si les mots étaient venus d'eux même, que nous, l'auteur, on y est pour très peu de choses.

Je crois que j'aime beaucoup l'un de mes romans. Pas comme ETR, qui est comme un premier enfant, le premier roman que je n'ai jamais finalisé. Mais plutôt comme une douceur, quelque chose de doux, quelque chose qui redonne le sourire à chaque fois que je le relis.

Il s'agit de la Corporation du Dragon, l'histoire d'Elsa et de Theirn, dans un monde parallèle où la magie existe et dirige la vie des américains. Enfin, de ceux qui vivent au EUM (Etats-Unis pour la Magie), notamment dans le nouvel eldorado, la Silica Valley, où Elsa rêve de devenir la nouvelle héroïne fondatrice d'un empire technomagique, à l'instar de son idole Theirn Deschanels, le créateur de l'Informagie.

Il y a quelque chose dans cette histoire qui vibre de réelle, d'émotion, en moi, me laissant un peu incapable de comprendre comment je suis sensé pouvoir le retravailler. Par exemple, le passage suivant :


Mais d’une certaine façon, c’est aussi de cette manière qu’elle commençait à bien voir Theirn. Il aimait profondément les causes perdues. Aussi têtu qu’elle, elle ne doutait pas une seule seconde qu’il parviendrait à faire arrêter le vent de souffler, si l’envie lui prenait. Il avait une prestance naturelle qui le catégorisait dans les dirigeants d’un peuple.
Et Elsa comprit que ce qu’elle assumait au départ être de l’orgueil et de la vanité était simplement cette prestance qui lui brûlait les yeux. Elle la rendait jalouse et furieuse. Elle avait eu besoin de se calmer et de le voir dans un autre environnement pour comprendre que ses actions étaient naturelles, ce qui les rendait rares.
Il était un dirigeant. Non pas parce qu’il était un Archimagicien, ou que son nom était le plus célèbre de tout le pays. Il était un dirigeant car il pouvait calmer une foule en colère et lui imposer le silence simplement en apparaissant. Il pouvait choisir les expérimentations qu’on ferait dans tous les laboratoires du pays, et vérifier en même temps qu’il n’y ait pas de problèmes.
Dans le domaine de la technomagie, il avait fallu six mois à Elsa pour comprendre que Theirn était le gouvernement, l’innovation et la législation. Et seule sa droiture permettait qu’il cumule ses postes sans en négliger un seul.
Certes, il y a quelques phrases lourdes, quelques fautes d'orthographes, quelques passages à inclure pour les intrigues secondaires. Mais la romance Elsa/Theirn, comment suis-je sensé pouvoir lui changer le moindre gramme ?

Peut-être est-ce que je n'ai pas encore assez de recul sur une histoire que j'ai écrite lors du Nanowrimo de 2012, il y a donc un an ? Ou alors, c'est que cet aspect de l'histoire atteint le plus haut que je n'ai jamais atteint ?

Tant que le reste de l'histoire est autant en chantier, je ne pourrais pas le savoir. Je vais travailler dans le noir encore quelques mois, avant de soumettre le textes (une fois heureusement corrigé, tous ces trous du début qui persistent) à un regard extérieur.

Si j'y arrive. Je ne suis toujours pas vraiment sure que je vais réussir à vraiment corriger ce texte. Completer, ça oui. Mais corriger ?

mardi 11 décembre 2012

Pitchs des projets en cours

Bonjour, je parle de mes projets depuis un peu plus d'un mois. Mais savez-vous de quoi parlent ces projets ?
Peut-être pour certains, certains des lecteurs de ce blogs (sont pas nombreux, mais y'en a quelques uns) ou certains des projets (dont je parle très facilement)

Je vais les prendre dans l'ordre qu'il me vienne à l'esprit :

PREMIER JET TERMINES

Expériences trop réussies
Une jeune fille commence à distinguer le monde réel au travers de l'illusion que son père a placé sur elle. Alors que sa majorité arrive, elle doit prendre des décisions qui affecteront son avenir : études, relations, loisirs.
Peut-être pas le meilleur moment pour tomber amoureuse d'un inconnu ? 
 
La corporation du Dragon
Alors qu'une jeune étudiante passe sa thèse à la corporation du Dragon, la cérémonie finit mal. Au lieu de se retrouvée diplômée et employée à la compagnie, elle se retrouve insultée, sans emploi possible (la Corporation ayant le monopole de l'informagie) et sans le prestige du titre de Magicienne. 
Dès lors, elle sera obnibulée par Theirn Deschanels, le fondateur de la Corporation du Dragon, et aussi l'homme qui l'a rejeté d'une manière incorrecte. Et lui devient très vite obnibulée par la raison pour laquelle il l'a refusée.
Mais après tout, pourquoi ne pas s'attendre à vivre des destins merveilleux quand on crée un Golem, qu'on réveille la puissance des Dieux ?

Mort Sans Souvenirs
Anna passe un an de césure à New York, aux états-unis, chez sa correspondante. Là, elle enchaine des rencontres étonnantes avec les Wino Manors, un groupe de rock assez décalé. Puis un jeu de chat et souris avec un homme d'affaire au nom d'Alistair. Et ses rêves commencent à être de plus en plus précis.
Face à Ludwig, qui dort la journée, elle se retrouve à vouloir lui redonner le sourire, le prendre dans des bras maternels. Face à Lucas, elle n'a qu'une envie de faire un tour sur son dos comme une gamine... Et que dire alors de Riatsila qui la trouble et l'intrigue plus que de raison ?
Quand la Mort perd ses souvenirs, le monde peut reposer en paix, ses commandants veillent. Mais quand l'un deux a pris goût au pouvoir absolu, comment éviter au monde de sombrer dans le chaos ?

Je ne suis pas vraiment douée pour les pitch, mais j'espère qu'eux vous donneront envie d'en savoir un peu plus. Les premiers jets de chacun de ses trois romans sont écrits. MSS était le NaNoWriMo 2011. La Corporation du Dragon (CD) a été écrit en NaNoWriMo 2012. ETR a été écrit l'année 2011.

PROJET EN PAUSE

Les Enfants d'Ellinao
Quatre enfants sont reliés par une prophétie, mais qui en dit rien sur ce qu'il faut faire pour éviter la fin du monde. Bref, une histoire, avec prophétie, dragon(s), être-immortels (Des Ellines Supérieurs), histoire d'amour, loups Gardiens (cf extrait tag Enfants d'Ellinao), espionnages, combats, des méchants (les Démons), des Dieux qui veulent toujours se mêler (ou pas) des humains, des éléments (air, feu, eau, terre), de la magie, des intrigues politiques, des assassinats... 
Si vous trouvez quelque chose dans un roman (quelque soit le roman) et que vous ne le trouvez pas dans celui-ci, venez demander le remboursement. Il y a de tout !

Hell's App (l'appli de l'enfer)
Dans un futur sur-numérisé, les gens ne savent faire de moins en moins la différence entre le réel et l'irréel. Dans le monde numérique, tout est toujours mieux, plus fun, plus sympa, plus cool. Le monde à l'extérieur est devenu plus sombre et plus ennuyant. Plus dangereux aussi.
Pourtant, c'est depuis le monde numérique que des hommes sont tués à la suite. L'information reste confidentielle, pour ne pas perturber les foules. Une enfant-IA décide, pour s'amuser, de créer une application qui donnerait l'occasion aux utilisateurs du réseau d'endosser l'uniforme de l'enquêteur et d'enqueter sur les meurtres. Elle en recrée les conditions, et regarde les humains s'organiser.
Un groupe retient son attention, elle ignore encore qu'elle passera avec eux les meilleurs moment de sa vie...

Ces deux histoires ont des origines complètement différentes. EE est la toute première histoire que j'ai voulu un jour couché sur papier. Elle représente énormément de choses pour moi. Mais je suis aussi très critique, et j'estime,que pour l'instant, je n'ai pas la maitrise pour en donner un liant, un cadre suffisamment travaillé. Cela serait trop n'importe quoi si je ne fais pas attention. (si en lisant le post, vous n'en aviez pas l'impression, c'est que vous êtes très gentils ^^)
Pour l'autre projet, s'il est en pause, c'est à cause de gros problèmes internes, qui ne me semble pas si simple à éviter (autour de la fille-IA, Anaïs, notamment), je l'avais crée pour le concours Social Bug, et je ne le regrette pas, c'était une chouette expérience !

Voilà où en sont mes projets déjà développé. J'ai choisi volontairement de ne pas parler des projets encore dans ma petite tête, même s'ils se font une place de plus en plus grande autour d'eux. Ce sera surement l'objet d'un autre post, plus tard !
Merci d'avoir lu !

lundi 26 novembre 2012

Extrait - Corporation du Dragon - Rencontre au manoir Deschanels

Voilà un nouvel extrait, que j'ai écrit hier.
Comme d'habitude, c'est du premier jet, donc la qualité de l'écriture est assez fluctuante.
On y retrouve Elsa qui commence à évoluer, et qui a rencontré Deborah (Debbie), la soeur de Theirn dans une ville qu'elle visite avec l'Association. Elle perd le groupe de vue, et accepte l'invitation de la jeune fille à passer au manoir des Deschanels jusqu'en début de soirée, où Theirn doit faire visiter une source à tous les membres de l'association.

[...]

Elsa se laissa guider par la jeune adolescente qui connaissait parfaitement son quartier. Dès qu’elle ouvrit la porte, un lutin vint les accueillir, et se pencha bien bas devant Elsa.
— Mademoiselle Bykov, Altaïr est ravi que vous ayez retrouvé le chemin de la maison. Voulez-vous que je vous annonce au maître de la maison ?
— Theirn est déjà là ?
Deborah n’écoutait pas la réponse à sa propre question et filait dans les pièces du manoir, à la recherche de son grand frère.
— N’en faites rien, lutin. Mais expliquez-moi plutôt d’où vous connaissez mon nom et pourquoi Altaïr me dit quelque chose…
— Altaïr est mon nom, et nous nous sommes déjà croisés, il y a quelques mois. Vous êtes maintenant prête à prendre votre rôle dans le monde. Et lui est près aussi. Il a bien réfléchi à la leçon… Si vous me permettez, je vais vous montrer le chemin. Veuillez me suivre, et simplement laissez vos affaires en vrac, quelqu’un s’en occupera dès que nous serons partis.
Elsa se souvint de tous ce qui avait suivi la rencontre avec le lutin. Tout était parti de lui. Mais elle ne s’expliquait pas pourquoi il lui parlait de cette manière. Ni à quoi elle était soi-disant prête…
Il la guida dans des couloirs obscurs, mais elle ne voulait pas le quitter, car dans ce manoir d’Archimagicien, elle se sentait parfaitement capable de se perdre. Elle s’arrêta en sursaut, à un moment, quand elle reconnut un tableau très familier sur le mur près duquel elle passait.
Le lutin la regardait avec un sourire en coin.  Il ajouta avant de rependre la marche :
— Mon maître, Theirn Deschanels, a investit récemment dans l’œuvre d’une dessinatrice. Elle fait de très beau et très réaliste dessins. Il a toutes la collections, sauf deux de ses œuvres. Ces deux-là sont des dons de l'artiste à des proches, des portraits. Il a quand même pu les admirer. Et j’ai moi-même vu celui qui était dans le bureau de votre sœur. Une merveille.
Elsa restait muette, en regardant le bateau qui semblait vouloir s’éveiller et quitter le port à tout moment.
— C’est lui qui a acheté mes tableaux ?
Son ton était à la limite entre l’étonnement et l’extase, l’émerveillement et l’incompréhension.
— Mais… Pourquoi il a fait cela ?
— Pour plusieurs choses, Mademoiselle Bykov.
La voix qui venait de sa gauche la fit sursauter. Elle se tourna brusquement pour voir le maître des lieux qui signifiait au lutin qu’il pouvait vaquer à nouveau à ses occupations précédentes.
— La première, c’est que cela permettait de donner des fonds à l’Association, et d’une manière que Mark ne serait pas sur mon dos. Il n’aime pas que mes dons pour l’Association soient renseignés aux Administrations. Après, ils font des enquêtes, et c’est de l’administratif lourd. Passer par l’achat d’une œuvre ne rentre pas dans le cadre des dons pour l’association. Celle-ci, c’est pourquoi j’ai demandé à Mark de pouvoir les acheter. La principale, pour avoir envie de les acheter, c’est que je trouve qu’ils sont magnifiques. Vous avez un réel talent, Mademoiselle Bykov. Et je vous admire pour cela. En dernière raison, il y a le fait que cette maison est particulièrement vide, quand je ne suis pas là. Et cela m’embête que ma sœur vive à l’année dans une maison vide.
Elsa ne répondit rien à la longue tirade. Elle ne savait pas vraiment quoi dire, ni ce qu’elle pourrait dire pour faire passer la tension qu’elle avait ressenti à l’entendre surgir, comme s’il apparaissait de nulle part.
— Deborah m’a dit que vous vous étiez rencontré. Oserais-je demander comment ?
— Oh, votre sœur aurait pu vous le dire… Je l’ai… hum, reconnu et je suis allée à sa rencontre. Nous avons tant et si bien parlé que j’ai perdu le groupe de vue.
— Elle m’a dit quelque chose dans ce goût là. Par contre, elle n’arrivait pas à comprendre comment vous aviez pu la reconnaître, ne l’ayant encore jamais rencontrée.
Elsa commençait à sentir ses joues s’échauffer. Elle sentait son attention, sur elle. Il ne la laissera pas mentir cette fois-ci. Elle n’avait pas d’autre choix que d’avouer qu’elle avait regardé dans le Mobilomagique.
— Hum… Comment dire… J’étais sure que c’était elle, c’est comme si j’avais des souvenirs où je la connaissais. Des souvenirs qui ne m’appartenaient pas.
— Comme si c’était des souvenirs qu’on vous avait fournis, c’est cela ? Et qu’en… Venez, nous  ne sommes pas loin du salon moyen où ma sœur aime à faire ses études.
Elle accepta très facilement, et le suivi dans le dédale de pièce. Ils arrivèrent dans une petite salle, où Deborah les attendait, sans vraiment les regarder, les yeux soi-disant dans un journal dont elle ne tournait aucune page.
— Et bien, nous voilà tous les trois. Je ne sais pas ce que vous pensez, mais je me demande si on ne pourrait pas manger ici. Debbie, voudras-tu venir avec moi ? Je sais que les autres années, à la fête de l’Association, tu n’étais jamais dans la région, alors, cette fois-ci ?
Deborah le regarda, déposa complètement son journal et réfléchit avant de demander d’une petite voix ce qu’ils allaient faire.
— Tu rencontreras certains membres de l’Association. Eux te rencontreront. Mark, notamment est là.
— Je vais certainement m’ennuyer. Tu sais que je n’aime pas du tout ces soirées mondaines où tu essayes de m’emmener.
Ces paroles déclanchèrent un grand sourire et un rire franc du grand frère. Il regarda sa sœur et passa une main dans ses cheveux.
— Je n’aime pas du tout ces soirées mondaines, mais c’est notre rôle, en tant qu’archimagicien, de savoir correctement s’y tenir, et d’avoir les bonnes relations. Mais la fête de l’Association n’a rien à voir. Déjà, je suis le seul archimagicien à y aller. Je n’espère pas pour tellement longtemps.
Il jeta un léger regard en coin vers la femme silencieuse du trio, Elsa.
— Mais une jeune fille comme toi devrait très vite trouver à t’amuser correctement. Après tout, si l’Association a un nom aussi vague c’est une volonté qu’elle puisse servir à tout le monde, de la manière dont il le désire.
Elsa apprenait de nombreuses choses aujourd’hui, entre le fait que Theirn fut celui qui avait acheté ses tableaux, et la raison que l’Association soit sans nom particulier, le lien exact qui reliait Deborah et Theirn, beaucoup plus profond que ce qu’elle n’avait perçu des vagues souvenirs la concernant. Et elle avait bien l’impression que les surprises de la journée n’étaient pas encore terminées.

On le sent, j’atteins les  40k de l'histoire, et les intrigues semblent se résoudre. Bon, il y a encore un coup d'éclat final que j'écris normalement cette semaine, sinon, tout est écrit, même en résumé.
J'espère que vous avez apprécié !

vendredi 23 novembre 2012

Extrait - La corporation du Dragon - Elsa/Theirn Séminaire

Voila un peu d'avancée pour aujourd'hui. Evidement, c'est du premier jet, donc plusieurs structures lourdes itou, itou, mais j'aime bien ce que je viens de terminer à l'instant (en passant la barre des 30k mots)



Elsa apprit lors d’un des déjeuners avec la famille que Vladimir avait beaucoup de travail car il devait rendre des lieux propices à tenir une série de conférences, animée par la Lady Deschanels elle-même. Pour l’occasion, le neveu de la lady devrait même se rendre sur les lieux, et la Lady insistait particulièrement pour que tout soit parfait.
Il proposa à Elsa, qui semblait bien apprécier de bricoler et d’installer le matériel technique de rendre la vieille salle de conférence à la pointe de la technologie, pour que le séminaire, qui devait durer une semaine se passe sans encombre.
Elsa apprit au détour d’une conversation que le thème, cette année, serait sur les dangers de la magie. Elle espéra pouvoir grappiller quelques informations, et peut-être assister à quelques conférences publiques. Elle se mit volontairement à la tache, et s’occupa de toute la partie un peu trop technique, que Vladimir ne parvenait pas vraiment à comprendre, et pour lequel, il ne faisait pas d’effort non plus.
Elle prenait plaisir à tout installer, jusqu’à quelque jours avant le début du séminaire, quand une voix qu’elle avait oubliée, relégué au fond de sa mémoire, s’adressa à Vladimir qui travaillait dans les pièces voisines.
Theirn Deschanels. Avec toutes ses activités, elle avait complètement oubliée qu’il devait lui aussi venir.
— Vous voyez, Vladimir, finalement, vous avez réussi. Cette installation technomagique me semble parfaitement capable.
— Ah, non, Monsieur l’Archimage Deschanels, ce n’est pas mon fait, mais celui de l’amie de ma femme que nous hébergeons. Une obscure histoire de sortilège interdits l’avait poussé à rechercher un mode de vie plus simple et au plus près des vrais choses…
— Allons, Vladimir, vous me faites marcher… Présentez nous donc, que je sache qui je dois remercier pour ne pas me casser le dos cette année, à monter tous ces appareils.
Elsa sortit de l’ombre derrière laquelle elle s’était réfugiée quand elle comprit que Vladimir la vendrait sans gêne.
— Je crois qu’il est inutile de se présenter l’un à l’autre, Monsieur Deschanels.
Elle essaya de mettre toute l’ironie de la situation qu’elle ressentait à le croiser ici aussi. A croire qu’un esprit mauvais s’acharnait à vouloir le faire croiser leurs destinées.
Elle fut néanmoins surprise de la salutation très officielle que Theirn lui répondit à son salut assez provocateur.
— Mademoiselle Bykov. Voila une rencontre auxquelles je ne m’attendais pas. Je vous croyais à votre travail, à l’Aigle Volant.
— Et moi, je vous croyais dans votre bureau, à la Corporation du Dragon… Comme vous le voyez les choses ne sont pas forcément comme les apparences pourraient le faire croire.
Il sembla réfléchir à ce qu’elle venait de dire avant de se tourner vers elle, inquisiteur.
— Je suppose que vous assisterez au séminaire ? Vous êtes parfaitement dans la thématique.
— Je ne suis pas sûr de pouvoir. Je ne suis pas vraiment officiellement invitée.
— Vous l’êtes, maintenant.
— J’ai des doutes que votre simple parole…
Vladimir choisit cet instant pour interrompre la joute vocale et attirer à nouveau l’attention sur lui.
— J’étais dans l’ignorance la plus totale que vous vous connaissiez déjà. Comment est-ce possible ?
— Il y a quelques mois, Mademoiselle Bykov était la thésarde la plus acharnée qui a travaillé dans mon entreprise. Je me suis intéressé de très près à ce qu’elle a fait.
— Vous voulez dire que vous avez cherché des défauts à ce que j’ai fait de toutes vos forces…
— Non, mon but est de savoir comment les choses sont faites. Pas de chercher ce qui est mal fait. Mais ce qui était mal fait était si évident que… De toute façon, ce qui vous a couté votre titre de Magicienne n’a que peu de rapport avec le fait que vous vous soyez laissé emporter par votre enthousiasme de chercheuse. Cela a simplement à avoir avec la manière dont vous avez abordé votre présentation de thèse !
— Allez-vous me dire réellement alors ce que j’ai fait ?
— Vous m’avez jeté un sortilège !
— Quoi ?
Le cri du cœur déconcerta un peu Theirn avant qu’il ne se reprenne aussi vite qu’il ne le pouvait.
— Ah ! Vous pouvez bien faire votre innocente, j’ai fait des tests, je sais parfaitement que c’est votre action. Et de plus, vous n’aviez aucune tenue loin du prototype que vous présentiez. Il était manifeste que vous contiez trop sur sa présence pour contrôler vos carences. C’est une bonne chose que vous ayez du apprendre à vivre sans.
Elsa se retint à temps de répliquer à nouveau, vaguement honteuse d’avoir quasiment hurler sur l’homme. Voilà près de plusieurs semaines qu’elle n’avait pas croisé Theirn, et elle ne pouvait pas vraiment dire que cela lui avait manqué. Mais en tout cas, elle comptait le prendre au mot, et venir assister à tout ce qui l’intéresserait dans le séminaire. Il l’avait invité, après tout. Et dans un sursaut de réflexion, elle comprenait qu’il était peut-être bien dans la position de faire des invitations officielles. Après tout, c’était sa tante qui organisait le séminaire…

lundi 19 novembre 2012

Résultat du concours des Roses Bleues

Le roman dont je parle depuis quelque temps, la Corporation du Dragon est né à cause d'un concours, organisé par la maison d'édition Les Roses Bleues, et leur résultat vienne de tomber.
Je ne sais pas encore quelle est l'histoire qu'ils ont choisi, mais j'ai reçu ce matin un mail très cordial me disant que mon projet n'avait pas été retenu.

D'un autre coté, comme je m'y étais préparé réellement qu'à la dernière minute, cela ne m'a pas choquée. C'est aussi cela de s'investir sur une idée de roman, mais pas d'y avoir transpiré des années entières. Le refus se prend avec beaucoup plus de détachement !

J'écrirais cette histoire, pendant le Nano, juste que les corrections pourront attendre, et l'histoire pourra vivre sa petite vie tranquille.
Je retiens quand même que j'ai un style assez lourd, et qu'il faut que je prévois longtemps pour me relire. Toujours plus de temps que ce que j'avais réussi à séparer pour ce concours.

Et donc, que la prochaine grosse aventure, ce sera surement la correction de mon roman d'Expériences trop réussies. (un post devrait suivre dans la semaine sur le sujet, si je ne suis pas trop débordée...)

Edit :mise en place des liens (oubli de ma part, qui j'espère, ne se reproduira plus)

dimanche 18 novembre 2012

Corporation du Dragon - Extrait -Rencontre Theirn/Elsa à l'Association

Voilà, j'ai enfin eu du temps juste pour écrire et avancer mon Nano. J'ai abandonné après les échecs d'hier, de faire une histoire de manière chronologique, et j'ai écrit les scènes clés de l'histoire dans l'ordre où elles se passent.
Mais je n'ai plus de structure, c'est une liste de scènes, plus qu'une liste de chapitre.

Celle dont je suis fière est la troisième écrite aujourd'hui, alors que je passe les 18k sur cette histoire. Attention, c'est du premier jet :



Elsa avait pris l’habitude de toujours passer une heure ou plus à l’Association. Elle trouvait apaisant de croiser toutes ces personnes, qui ne savaient pas forcément d’où elle venait, et qui ne la regardait pas de haut ou de bas. Même si au fil des jours, elle parvint à repérer un sourire en coin, quand elle sentait qu’on parlait d’elle, comme si on s’amusait d’une chose qu’elle ignorait.
Elle s’était très rapidement entendue avec tout le monde, sans trop de soucis. Elle n’avait pas encore vraiment l’impression d’être totalement intégré dans le petit monde de l’Association, et même si elle s’émerveillait toujours du si bon fonctionnement, elle avait bien compris qu’il y avait quelques commentaires qu’elle faisait qui révélait qu’elle n’était pas encore comme eux tous. Il y avait quelque chose de fondamental qu’elle ignorait.
Et jusqu’à ce jour, elle pensait que c’était simplement parce qu’elle n’avait pas totalement adopté les coutumes de l’Association. Ce jour-là, elle découvrit que ce n’était pas du tout cela. C’est quand Mark vint la trouver, elle s’appliquait sur un dessin au fusain. Elle avait toujours été douée au dessin mais avait laissé ça de coté quand elle avait découvert l’informagie. Quand elle avait vu le matériel, elle n’avait pas vraiment résisté, et était revenue à sa première passion.
Elle n’avait pas aperçu tout le monde qui passait derrière elle, pour admirer son dessin, qui représentait le campus vu de la tour de la connaissance. Puis toutes ces personnes qui quittaient les lieux, pour rentrer chez eux.
— Elsa ? Il est bientôt vingt-trois heures, et je dois ouvrir à sept heures du matin, demain.
Elle l’écouta d’une oreille distraite, ne prenant pas le temps d’analyser ce qu’il disait, concentrée sur son dessin pour donner l’impression de merveilleux qu’elle avait tellement ressenti ce jour là, paradoxalement, le pire de son existence.
Mark s’éclaira la voix, comprenant qu’elle ne l’écoutait pas du tout.
— Je ferme. Tu peux revenir demain matin ?
— Hein ?
Il soupira, heureux d’avoir tiré une autre réaction de la jeune femme que son mutisme artistique.
— Oui, il est vingt-trois heures, et j’aurais du rentrer deux heures plus tôt. Donc, est-ce que tu peux poser ton œuvre et ton matériel.
— Je peux, juste terminer… De toute manière, je ne suis pas sûre que j’aie le courage de me remettre dessus une autre fois.
La douleur d’avoir perdu son poste de rêve n’était toujours pas effacée de sa voix, et Mark compris qu’il ne pouvait pas vraiment s’opposer à ça.
— Une demi-heure. Pas plus, sinon je te mets à la porte.
— Oui, oui.
Le ton sur lequel elle avait dit ça lui fit craindre le pire. Il se remit au bureau qu’il occupait un peu plus tôt et s’absorba à nouveau dans le roman policier qu’il lisait. Ses yeux se fermaient de fatigue et il se jura que plus jamais, il ne ferait la fermeture de l’Association. Surtout si la jeune Elsa était en train de dessiner.
Il commençait à comprendre qui avait fait le crime, bien avant le journaliste dont il lisait les aventures quand la porte s’ouvrit brusquement.
— Tu es encore là, Mark ? D’habitude quand c’est encore ouvert à cette heure, c’est John qui est là.
— John assiste pour la naissance de sa petite fille. Il sera pas là de toute la semaine et de la suivante. Après il doit garder les grands, et donc sera là juste de temps en temps jusqu’à la fin des vacances. Mais qu’est-ce qui t’amène là, Theirn ?
— Comme d’habitude, le besoin de décompresser.
— Tu fais un boulot qui te bouffe trop, tu devrais déléguer un peu.
— Je ne referais jamais cette erreur. Tu peux me croire. Il faudra que ce soit quelqu’un en qui j’ai entièrement confiance, plus que ce que j’avais  pour lui… Et cela n’est pas près d’arriver. Ma confiance ne s’accorde pas à des inconnus, Mark, et c’est très facile de la perdre.
— Tu es trop sérieux. Tout le monde n’est pas mauvais comme ceux que tu as pu rencontrer dans ta vie.
— Je connais les hommes et la nature humaine. Ça ne me facilite pas la tâche de faire confiance à quelqu’un d’autre.
— Ahah, toujours ton optimisme débordant, Theirn.
Les deux hommes s’étaient déplacés dans la pièce et ils se rapprochaient de l’endroit où Elsa se trouvait. Complètement dans son œuvre, elle n’avait pas compris leurs paroles.
— Si tu veux savoir pourquoi c’est encore ouvert, faudra que tu demandes à cette jeune fille, qui refuse de quitter son siège.
Un léger murmure quitta les lèvres choqué de l’archimagicien. Il n’avait pas remarqué la silhouette de la jeune femme, qui dégageait pourtant dans la pièce austère une aura particulière.
— Elsa Bykov…
Son souffle ne fut pas entendu par la concernée, mais elle releva le regard. Son sixième sens lui soufflait qu’il se passait quelque chose d’important. Ses yeux se plongèrent dans les yeux sombres de l’homme qu’elle s’attendait le moins à trouver ici : Theirn Deschanels.
— Mais que faites-vous ici ?
La question aurait pu être mutuelle si Elsa avait suffisamment repris ses esprits. Elle blanchit, ne sut pas quoi dire, comment ne pas perdre la face devant lui, elle était tétanisée devant la possibilité qu’il soit là. C’est à ce moment-là que Theirn remarqua le sujet du dessin.
— Vous avez une bonne mémoire visuelle.
— Euh, je vais y aller. Désolé. Au revoir, Monsieur Mark.
Elle replia à la hâte ses affaires dans son sac à main, laissant tout en plan, retournant en arrière pour attraper son sac, puis oubliant définitivement son manteau.
Elle quitta l’atmosphère soudainement irrespirable des locaux, et le froid la fit frissonner, mais comme cela ne répondait pas à sa question existentielle, elle ne se laissa pas embarquer.
Mais que faisait Theirn Deschanels dans un endroit pareil ?

Voilà, j'espère que vous avez apprécié autant que j'ai apprécié de l'écrire !

dimanche 11 novembre 2012

Extrait - Corporation du Dragon - Chapitre 2

La Corporation du Dragon est une romance dans un monde magique, ayant de nombreuses ressemblances avec notre monde technologique. On y a découvert, au cours des dernières décennies la technomagie, rapidement spécialisée en informagie. 

Theirn est le PDG de la Corporation du Dragon, un agglomérat d'entreprises qui possèdent quasiment le monopole de l'informagie. Il a assisté à la thèse de la jeune Elsa, mais quelque chose à déraper. L'artéfact que présentait Elsa a eut des répercussions assez étonnantes.




Il l’observait de son bureau. Il n’arrivait pas à se concentrer, les détails de la présentation se rejouant devant ses yeux.
Et si, réellement, elle ne se rendait pas compte qu’elle faisait ce genre de sortilège ? Si c’était le fait de l’artefact ?
La question ne cessait de revenir à son esprit. Il essayait de se débattre, de travailler sur ce qu’il devait, mais il n’y avait tout simplement plus d’entrain, plus de puissance à travailler sur ces rapports insignifiants et plutôt obscurs. Il n’avait toujours pas reçu les rapports de mission à l’étranger, et la situation le préoccupait.
Mais moins que les images mentales du décolleté de la jeune fille. Dès qu’elle se penchait dans sa direction, il apercevait les filaments noir sombre qui retenaient loin de lui les seins de la jeune fille. Et il avait envie d’avancer la main, de vérifier si les filaments étaient de fin fil de soie, comme ils semblaient.
Et alors, il reprenait conscience dans son bureau.
Elle m’a réellement jeté un sort. Et pour qu’il soit encore actif, alors que je suis dans le bureau, protégé par Altaïr, ce sort doit être réellement puissant…
Il tenta à nouveau de revenir à la papasserie qui l’attendait, et il voyait comme si elle se tenait devant lui, ses jambes esquissés par les mouvements amples de la jupe de son uniforme.
— Suffit !
L’éclat de colère ramena dans son bureau son assistance, une charmante magicienne d’une quarantaine d’année, consciencieuse, dont il n’avait jamais eu à se plaindre.
 ****
— Quelque chose ne va pas, Monseigneur ?
— Non, non, cela va aller… Tu peux retourner travailler, Amanda.
Il se battrait contre le sortilège et il triompherait. Il serait le maitre de son esprit ! Ce n’était pas une vulgaire sorcière qui pourrait le détourner de ses tâches.
Ses convictions remises à neuf, il se pencha à nouveau sur ses documents, avant de reculer dans le fond de son siège, vaincu. Il fit glisser la pochette le long de son bureau, ses yeux dans le vague des images que son cerveau créait.
Il appuya sur les commandes et invoqua sur l’écran géant qui lui faisait face une diffusion de ce que les caméras de sécurité, au rez-de-chaussée pouvaient enregistrer en temps réel.  Il regarda avec une curiosité malsaine, et un peu d’appréhension, qui venait d’il ne savait où, la jeune fille regarder la silhouette d’un jeune noir qui partait, le pas lourd.
Puis il la vit s’approcher d’un groupe de cinq jeunes, qui eux, n’avaient pas terminé leurs thèses, et qui travaillaient dans le même bâtiment, que celui où Miss Bykov avait eu l’habitude de travailler. Les silhouettes se mouvaient avec grâces, et les éclats de voix, qu’il imaginait mais qu’il ne pouvait pas entendre, ne lui plaisait pas.
Le groupe hétéroclite riait. Ils se moquaient de quelque chose, mais savoir la teneur exact de leur moquerie se révélait impossible pour Theirn. Il comprit naturellement, quand l’un des jeunes, un brun trop crâneur pour jamais avoir le titre de Magicien mit son bras autour des épaules de la jeune fille. Elle lui avait réellement lancé un sort, et ils se félicitaient, maintenant…